Amy Fraenkel
Secrétaire exécutive, CMS (Convention sur les espèces migratrices)
En cette Journée mondiale de la vie sauvage, nous rendons hommage à la valeur extraordinaire des plantes médicinales et aromatiques, ainsi qu'aux communautés dont les connaissances traditionnelles permettent de les préserver. La conservation des espèces migratrices est étroitement liée à la conservation de ces plantes : à travers les continents, les animaux migrateurs pollinisent les fleurs, dispersent les graines et contribuent à la diversité génétique, essentielle à la santé des populations végétales.
Les passereaux, oiseaux communs perchés dont de nombreuses familles sont inscrites à l'annexe II de la Convention sur les espèces migratrices (CMS) afin de bénéficier d'une collaboration internationale, jouent un rôle important dans la pollinisation des plantes sauvages. La fauvette à tête noire, par exemple, est connue pour visiter et polliniser des espèces de scrofularia, une plante traditionnellement utilisée dans certaines régions de la Méditerranée comme remède anti-inflammatoire et pour traiter les infections cutanées.
À travers l'Afrique, la chauve-souris frugivore de couleur paille (Eidolon helvum), déjà inscrite à l'Annexe II de la CMS, parcourt chaque nuit de longues distances et traverse les frontières de façon saisonnière. Ce faisant, elle pollinise et disperse les graines de nombreux arbres essentiels à la subsistance et à la santé des populations, tels que le teck africain (Milicia excelsa), le waterberry (Syzygium cordatum), le figuier sycomore (Ficus sycomorus) et l'arbre à saucisses (Kigelia). Ces arbres fournissent des médicaments traditionnels, de la nourriture, du bois et d'autres ressources essentielles. Protéger cette espèce de chauve-souris, c'est protéger les forêts et les paysages qui font vivre des millions de personnes.
Le thème de cette année nous rappelle que la récolte durable, le partage équitable des bénéfices et le respect des connaissances traditionnelles sont indispensables pour assurer l'avenir des plantes médicinales et aromatiques, ainsi que des espèces migratrices qui les soutiennent.
La nécessité d'une action urgente pour conserver les espèces animales migratrices sera au centre de notre prochaine conférence des Nations unies sur la faune sauvage, qui se tiendra à la fin du mois au Brésil. Des gouvernements, des scientifiques, des défenseurs de l'environnement, des peuples autochtones et des communautés locales, ainsi que d'autres acteurs du monde entier se réuniront à la 15e réunion de la Conférence des Parties à la CMS (CMS COP15) à Campo Grande, au Brésil (du 23 au 29 mars 2026). La COP abordera les menaces telles que la perte d'habitat et la surexploitation, ainsi que les impacts de la pollution et du changement climatique, et renforcera les mesures relatives aux besoins de conservation des espèces migratrices qui profitent à la fois à la nature et aux communautés humaines qui en dépendent.
Transportons l'esprit de la Journée mondiale de la vie sauvage à la COP15 avec un engagement renouvelé en faveur de la préservation des espèces migratrices, des plantes qui soutiennent notre santé et notre patrimoine, et des moyens de subsistance qui sont étroitement liés aux deux.