À l’occasion de la Journée mondiale de la vie sauvage, j’aime parler des plantes médicinales et aromatiques, un cadeau de la nature qui a été, pendant des milliers d’années, la première pharmacie de l’humanité.
Les plantes médicinales et aromatiques ont soigné les populations et soutenu les cultures bien avant l’apparition de la médecine moderne.
Et aujourd’hui, beaucoup de ces plantes font partie intégrante de la médecine moderne.
Par exemple, le prunier d’Afrique est utilisé pour fabriquer des traitements contre les problèmes de prostate et urinaires.
Un autre exemple est l’if, comme celui derrière moi.
Originaire de l’hémisphère Nord, il fait partie des arbres les plus longs‑vécus de la planète.
Certains ont plusieurs milliers d’années.
Ils sont connus pour un paradoxe frappant : ils sont hautement toxiques, mais ont donné naissance au Taxol, l’un des médicaments anticancéreux les plus importants et les plus utilisés au monde.
Mais aujourd’hui, cet héritage est menacé.
Le changement climatique, la perte d’habitat, la surexploitation et le commerce illégal poussent de nombreuses plantes—ainsi que les savoirs traditionnels qui leur sont liés—vers l’extinction.
La grande valeur de certaines espèces, comme le bois d’agar, rend difficile la gestion de leur récolte et de leur commerce.
Beaucoup d’espèces ne sont pas gérées de manière durable, et il existe souvent une implication du crime organisé.
La bonne nouvelle est que ces plantes reçoivent une attention croissante au sein de la CITES.
J’ai été heureux de voir le bois d’agar, une espèce de grande valeur utilisée dans l’encens, inscrit à l’Annexe II de la CITES lors de la dernière Conférence des Parties en décembre.
En cette Journée mondiale de la vie sauvage, nous appelons les gouvernements à adopter une approche holistique de la conservation de ces espèces.
Cela signifie protéger leurs habitats naturels, soutenir une récolte durable et garantir une reconnaissance équitable ainsi qu’un partage des bénéfices avec les détenteurs de savoirs.
En protégeant ces plantes médicinales et aromatiques, nous ne préservons pas seulement la nature ; nous investissons dans notre santé et protégeons l’héritage commun de l’humanité.